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Aubrac et Saint Chély d'Aubrac

Au moyen-âge, la traversée de l'Aubrac par tout pèlerin se rendant à Saint-Jacques de Compostelle depuis le Puy-en-Velay est particulièrement périlleuse en raison du vent violent qui souffle et de la neige qui peut surprendre le pèlerin et le perdre à jamais.
En hiver, les monts d'Aubrac tiennent à la fois de la steppe sibérienne que des highlands Ecossais.

La construction du monastère pour venir en aide aux pèlerins dans cette contrée sauvage débute vers 1120.
On doit la Dômerie d'Aubrac à Adalard, seigneur des Flandres. Alors qu'il effectuait son pèlerinage, il manque de périr en traversant les plateaux de l'Aubrac.
A l'aller, il est attaqué par une horde de brigands et détroussé. Au retour, il est surpris cette fois-ci, par une tempête de neige. Sorti sain et sauf de cette épreuve, il se promet de « bâtir en ces lieux une maison de refuge, pour le voyageur et de chasser de ces montagnes les voleurs qui les infestaient ».
L'hôpital et le monastère furent soumis à la règle de Saint-Augustin.
Les chevaliers de l'Ordre de Jérusalem s'étaient chargés là aussi de la protection des pèlerins. La Dômerie était saluée par Chateaubriand qui la qualifiait de "grand Saint Bernard de la France".

La tour de l'église renferme la cloche Maria, dite la« cloche des perdus» Comme son surnom l'indique, elle avait pour vocation de guider les pèlerins égarés dans la neige ou le brouillard vers la Dômerie.
On peut y lire l'inscription suivante :
"Jubile pour Dieu,
Chante pour les clercs,
Chasse les démons,
Rappelle les égarés
".


En 1353, avec la Guerre de Cent Ans, le monastère se dota d'une tour haute de 30 m destinée à se protéger autant contre les “routiers“, ces mercenaires devenus brigands de grand chemin qui infestaient la région que contre les soldats anglais. D'où son nom de Tour des Anglais.

Aujourd'hui encore, il est recommandé aux pèlerins et aux randonneurs et ce, même en saison estivale, de se couvrir en raison du vent qui peut souffler sur les plateaux.

La traversée de l'Aubrac, ce plateau de 2 500 km2, permet de découvrir une nature surprenante et intacte.
On y croisera les troupeaux de la race Aubrac ou encore le pèlerin sera surpris par la variété de la flore particulièrement riche et variée. 1 300 espèces ont en effet été répertoriées.

Du village d'Aubrac, le pèlerin emprunte un dénivelé (1307 - 808 m) jusqu'au village de Saint-Chély d'Aubrac dont la croix du Pont Vieux a été classée au patrimoine mondial de l'humanité.
Situé à 800 m d'altitude, Saint Chély d'Aubrac est blotti au pied du plateau de l'Aubrac dans une vallée verdoyante.Si le tronçon du GR65 Nasbinals-Aubrac-St-Chély d'Aubrac (17 km) a été classé au Patrimoine Mondial de l'Humanité par l'UNESCO, en décembre 1998, pour son cadre naturel authentique, le Pont des Pèlerins sur la Boralde, à Saint Chély d'Aubrac a également classé.

Placée sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle, la Croix du pèlerin de Saint-Chély sur le pont Vieux représente un pèlerin s'appuyant d'une main sur son bourdon (bâton censé chasser les infidèles et démons) et tenant, dans l'autre, un chapelet.

 

L’église romane de St Chély date du XIe - XIIe siècle. Reconstruite au XVe siècle, suite à son incendie vers 1385 au cours de la guerre de Cent Ans, il reste une tour des anciennes fortifications qui lui sert de clocher. A noter un bas-relief gothique à gauche de l'entrée représentant autour du Christ, quatre apôtres dont saint Jacques le Majeur.

Après Saint-Chély commence une longue descente vers la prochaine halte Saint-Côme-d'Olt. Marchant à travers des bois de hêtres et de châtaigniers, le pèlerin quitte les plateaux de l'Aubrac pour rejoindre la vallée du Lot et Saint Côme d'Olt.



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