Il était
une fois Saint -Jacques...
Le pèlerinage de Saint-Jacques de Compostelle
comptait durant le moyen âge parmi les trois grands pèlerinages
que tout bon Chrétien se devait d'effectuer.Il y avait Rome
et le recueillement sur les tombeaux de Pierre et Paul, Jérusalem
et le Saint-Sépulcre, et puis à l'extrême ouest
européen est apparu Compostelle.
Quatre voies amènent à Saint-Jacques de Compostelle. Parmi elles
: la via Podiensis qui traverse l'Aveyron. On la qualifie souvent de "route
des Bourguignons et des Teutons".
Le
pèlerinage de Saint-Jacques est né de la découverte
vers l'an 800 du sépulcre de Saint-Jacques, frère de
Saint-Jean et grand martyr de la chrétienté.
Saint Jacques aurait eu pour mission de prêcher
la parole du Christ dans la péninsule Ibérique. Rentré en
Palestine, il est décapité sous l'ordre du roi juif
Hérode Agrippa. Son corps livré en pâture aux
chiens. Recueillie par ses compagnons, sa dépouille est portée
dans une embarcation. Guidée par un ange, l'esquif franchit
Gibraltar, puis s'échoue plus tard sur les côtes de Galice.
Vers 800, l'ermite Pelagius reçoit en rêve
le lieu du tombeau de Saint-Jacques. Une étoile le guide alors
vers un champ, où se trouve le tombeau, c'est le champ de l'étoile,
le "campus stellae" qui donnera Compostelle. La nouvelle
connue, le Roi Alphonse II fait alors ériger une église.
Car très vite arrivent les premiers pèlerins.
Les grands de l'époque ne restent pas indifférents
au nouveau lieu. Après l'évêque du Puy, Godescalac,
c'est au tour de Raymond II, Comte du Rouergue de prendre la route
de Compostelle. Las ! il est tué en route par les Sarrasins.
Ceux-ci s'emparent d'ailleurs du sanctuaire en 997
vite repris par les Chrétiens. Compostelle devient
alors un des symboles de la Reconquista, cette lutte multiséculaire
pour arracher l'Espagne à l'Islam. Saint-Jacques prend le surnom
de "matamore", le tueur de Maures.
Autant que les Croisades, Compostelle attire preux
chevaliers venus guerroyer avec l'infidèle et obtenir ainsi
le pardon de leurs fautes. |