Le rocher est-il vivant ou mort ? Quand, comment, pourquoi : Musique VS Marketing

Les années 60. Le rocher perd sa première pièce : ses racines noires.
Grâce au ferment culturel, dont le Rock lui-même est un drapeau depuis l’après-guerre, entre 1968 et 1971, nous avons les plus grands chefs-d’œuvre de l’histoire du Rock, après une décennie au cours de laquelle des jalons comme Stones, Beatles et California Dreaming (je pense toujours à la chanson avant le groupe) ont ouvert une autoroute de la créativité presque inimaginable. Ce sont les années du Vietnam, les années d’émancipation, les années de révolutions. Santana, Joplin, Doors et bien d’autres réécrivent littéralement l’histoire de la musique. Mais c’est précisément dans les années 60 que le Rock s’est dépouillé de ses racines culturelles noires, qui séparaient et produisaient des formes autonomes de Rock comme le Ryhtm’n’Blues, qui est devenu le roc des noirs. Hold’on I’m Coming and Gimme Some Lovin’ sont le symbole du R’n’B naissant. Au cours de cette séparation à la naissance, la jeune scène rock dépouillée de ses racines noires va redécouvrir le folk, qui est blanc, ainsi que le pays, encore plus blanc, que plus blanc ne peut être. Un processus irréversible qui, trente ans plus tard, engendrera des monstres comme la rivalité entre rappeurs et métallurgistes. Dans ce contexte, un chapeau aux Blues Brothers et à ce qu’ils vont tourner vingt ans plus tard, c’est de redécouvrir le lien entre musique des blancs et musique des noirs, mais ce sera seulement un film. Le dernier noir du rock est Jimi Hendrix, l’homme qui a décidé, tout seul, comment jouer de la guitare électrique dès lors. Il est mort, par coïncidence, en 1970.

Les années 70 – PARTIE 1. Le rock cesse d’être de la musique de danse.
La séparation entre le rock et la danse a lieu dans les années soixante-dix, juste après l’âge d’or des soixante-huit tubes comme Born to be Wild, par exemple. Le rock devient musique à écouter “assis” et laisse la danse à tout le côté de la musique noire, qui maintenant, du rock, s’en fout, pour au moins vingt ans. Les noirs, après une méga scorpacciata d’oignons verts (ou les légendaires Green Onions) dans les années 70, donneront vie à la musique funk et ensuite disco. Le rock, par contre, perd tellement cette caractéristique. La fusion entre les ballades nordiques, la musique classique, l’esprit conceptuel donne vie à ce que l’on appelle le rock progressif qui crée une quantité indescriptible de chefs-d’œuvre tout en trahissant l’esprit original de la musique rock. Même dans les années 60, il y avait des chansons comme Because de The Beatles ou The End de The Doors, qui n’étaient certainement pas des pièces à danser. Les Beatles étaient aussi Polythene Pam (même album que Because, Abbey Road) et The Doors were Break on Through (même album que The End, Elektra). Il en va de même pour Led Zeppelin. Mais à partir de 1975, la danse est devenue un tabou.

Les années 70 – PARTIE 2. Le rock ne veut plus être pop et ils doivent “le ramasser avec une cuillère à café”.
Il arrive dans les années soixante-dix que le terme musique pop sorte “comme musique” et non comme simple condition pour être populaire ou non, même comme musique opposée au rock. Comme si le rock envoyait les gens se baiser entre eux, on pourrait dire. Certains d’entre nous pensent que la pop est née avant ces années, mais ce n’est pas le cas. Avant les années 70, quand on parlait de pop, on parlait aussi de rock, c’était la même chose. Nous avons parlé de Rocks vs Mods (fondateur du virus) mais pas de Rock vs Pop. A partir de la seconde moitié des années soixante-dix, la pop commencera à être utilisée pour définir toute la musique qui prend des éléments exclus de la tournée rock, comme le noir ou des éléments de danse qui ne sont pas correctement r’n’b ou la musique disco. Bref, la pop devient une chose musicale, une masse, un peu noire, peut-être dansable, qui n’est ni danse ni punk.